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De la recommandation européenne sur la GIZC à sa mise en oeuvre locale : protection et aménagement durable du lido de Sète à Marseillan

Outils de gestion, de protection de la nature, d’aménagement et d’urbanisme

Rédacteur : Nicole Hérisson et Christophe Lauriol

Le projet d’aménagement du lido de Sète à Marseillan constitue l’opération phare du programme de réhabilitation des 8 sites côtiers emblématiques du littoral du Languedoc-Roussillon.

Localisation du lido entre Sète et Marseillan
Localisation du lido entre Sète et Marseillan
© SGAR Languedoc-Roussillon : haut de plage et dunes sur le lido
© SGAR Languedoc-Roussillon : haut de plage et dunes sur le lido

Ces 8 sites ont été retenus par le CIADT du 13 décembre 2002 et bénéficient d’un financement spécifique identifié par le CIADT, à travers la dotation de gestion intégrée du littoral (DGIL). Celle-ci s’élève à 26 millions d’euros pour la période 2003-2006 et complète les financements mobilisés pour la mise en œuvre du Plan d’aménagement et de développement durable du littoral Languedoc Roussillon.

Compte tenu de ses enjeux, le projet d’aménagement du lido entre Sète et Marseillan fait l’objet, depuis son origine, d’un soutien important des services de l’Etat, au plan technique (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) comme au plan financier (40% des montants des études et de la première tranche des travaux).

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Origine du projet

Le lido de Sète à Marseillan est une bande sableuse de 11 km de longueur et de 1 à 2 km de largeur, qui sépare l’Etang de Thau de la mer.

Espace emblématique du littoral languedocien, il présente un fort intérêt écologique, notamment sur sa façade vers l’étang.

Traversé par une voie ferrée à haut trafic (ligne Bordeaux – Nice) et une voie littorale importante (ex RN112 déclassée en 1998) reliant Sète à Marseillan et Agde, il abrite des activités économiques importantes : tourisme balnéaire, camping 4*, viticulture et usine d’embouteillage de Listel.

Le site subit une forte érosion côtière (perte de 45 ha entre 1954 et 2000), aggravée par la présence de la route littorale construite en haut de plage. Cette érosion a, depuis les grandes tempêtes de 1982 et 1997, un impact important sur les activités présentes sur le lido et remet en cause, à terme, leur pérennité. Elle se traduit surtout par des coupures de plus en plus fréquentes de la route, qui nécessitent, chaque année, des interventions de plus en plus lourdes et coûteuses (enrochements).

La présence de la route encourage, en été, une fréquentation touristique aussi élevée (plus de 800 000 visiteurs par an) qu’anarchique, avec le stationnement le long de la voie, presque sur la plage, de milliers de véhicules et de camping cars, qui accentuent l’image très dégradée du site. 
Les études menées, depuis 2001, par les Communes de Sète et de Marseillan ont mis en évidence la nécessité de procéder au recul stratégique de la route littorale, comme seule solution pour une protection durable du lido.

Fortement portée par l’Etat à travers la Mission Interministérielle d’Aménagement du Littoral et le Service Maritime et de Navigation, la réflexion a, depuis lors, été menée avec l’ensemble des partenaires concernés, en s’inspirant notamment de la méthodologie des Opérations Grands Sites et des principes de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC).

Elle a permis de faire émerger un projet partagé, en plusieurs étapes :
•la signature d’une charte d’objectif, la charte pour l’aménagement durable du lido, par les Maires de Sète et de Marseillan, en  présence du Préfet de région, du Président du Conseil Régional et du représentant du Président du Conseil Général ;
• une première phase de concertation publique, en novembre 2003, avec des expositions et des réunions publiques (novembre  décembre 2003) qui ont montré le vif intérêt des populations pour le projet et une prise de conscience de l’urgence face à  l’érosion ;
• la décision d’assurer la maîtrise d’ouvrage de la réalisation du projet prise par la Communauté d’Agglomération du Bassin de  Thau. Cette décision était essentielle car elle a permis l’émergence d’une maîtrise d’ouvrage d’ensemble du projet par une  structure de coopération intercommunale en capacité d’en assurer la coordination et le suivi dans le temps.

© SGAR Languedoc-Roussillon : stationnement le long de la plage et coupure de la route par l'érosion
© SGAR Languedoc-Roussillon : stationnement le long de la plage et coupure de la route par l'érosion