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Les emplois de l’économie maritime, données 2013

Activités économiques littorales et maritimes, Économie maritime et des territoires littoraux

Rédacteur : Sébastien Colas, SDES

Le socle de l’économie maritime suivi chaque année génère 386 700 emplois en 2013. Neuf sur dix sont localisés dans les zones d’emploi littorales. Le tourisme est de loin le secteur le plus grand employeur avec près de 210 000 emplois, devant la filière des produits de la mer, le transport maritime et fluvial, la construction et la réparation navales. L’essentiel des domaines d’activité de l’économie maritime étudiés sont plus rémunérateurs que la moyenne de l’ensemble des secteurs de l’économie française.

Près de 390 000 emplois générés par l’économie maritime

En France, le socle de l’économie maritime (voir méthodologie) compte 386 700 emplois, soit 1,6 % de l’ensemble de l’emploi. Il regroupe des activi­tés diverses comme le tourisme littoral, la pêche, la construction navale ou encore les énergies marines renouvelables. A l’exception de certaines activités flu­viales, toutes ces activités sont liées à la mer.

Les quatre principaux secteurs d’activité regroupent chacun plus de 10 % des emplois de l’économie ma­ritime.

Nombre d’emplois par domaine d’activité en 2013

Avec près de 210 000 emplois, le secteur du tourisme littoral mobilise plus de la moitié des travailleurs de l’économie maritime ; l’essentiel oeuvre dans l’hôtellerie et la restauration (Insee, 2015).

L’ensemble de la filière des produits de la mer (pêche, aquaculture, transformation / conservation, mareyage et vente au détail) arrive en seconde position avec 52 000 emplois.

Le transport maritime et fluvial, dont les services portuaires, emploie 45 800 personnes et la construction et la réparation de navires 38 500. Ce dernier domaine d’activité comprend la construction de navires et de bateaux de plaisance, la France étant le 1er constructeur mondial de voiliers, mais également la production d’équipements nautiques, les concessionnaires ou les bureaux d’étude spécialisés.

Détail des activités « 100 % maritimes », en 2013

Parmi les secteurs d’activité maritime traditionnels et 100 % maritimes, les principaux en terme d’emplois sont la construction de navires et de structures flottantes (16 700 emplois), la pêche en mer (12 800), la transformation et la conservation des produits de la mer (12 500) et les services auxiliaires de transport par eau (11 900).

14 000 emplois en plus de 2012 à 2013

L’économie maritime a créé un peu plus de 14 000 emplois entre 2012 et 2013. Sept sur dix l’ont été dans le tourisme. Les autres domaines importants sont les produits de la mer, l’intervention publique et le transport maritime et fluvial.

Évolution de l’emploi maritime par domaine entre 2012 et 2013

Note : du fait de la méthodologie employée, les chiffres d’évolution annoncés sont à prendre comme ordre de grandeur.
Insee, Clap, Siasp, RP 2012 et 2013

Neuf emplois sur dix sont localisés en bord de mer

Les zones d’emploi littorales de métropole et d’outre-mer concentrent près de neuf emplois maritimes sur dix, soit 341 000.

Répartition géographique de l’emploi maritime en 2013

Celles de Méditerranée se détachent. Elles représentent à elles seules 36 % de l’emploi maritime, devant les zones d’emploi de Nord Atlantique - Manche Ouest (23 %), Manche Est - mer du Nord (15 %) et Sud Atlantique (12 %). La part de l’outre-mer avoisine 2 % du total.

Les zones d’emploi les plus importantes pour l’emploi maritime sont presque exclusivement littorales. A l’intérieur des terres, se détachent Paris (8 800 emplois) et les zones d’emploi d’Aix-en-Provence (6 200), Saclay (3 200) et Orly (1 700). L’Île-de-France abrite des sièges de grandes entreprises, le marché international de Rungis (mareyage) et des entreprises de transport fluvial sur la Seine.

Cinq des dix zones d’emploi les plus importantes sont localisées sur le littoral de Paca : Marseille-Aubagne (26 400 emplois), Cannes-Antibes (21 600), Nice (17 600), Toulon (14 700) et Fréjus-Saint-Raphaël (11 900). Les autres sont Brest (16 800), Le Havre (12 100), Saint-Nazaire (11 400), Quimper (10 300) et Bayonne (9 900).

Répartition par zones d’emploi de l’emploi maritime en 2013, ensemble des emplois et emplois hors tourisme

En bord de mer, les emplois maritimes sont moins importants de la Côte d’Opale à la baie de Somme, sur la côte occidentale du Cotentin et au nord de la Bretagne. En ne tenant pas compte du tourisme, les emplois maritimes sont concentrés de la mer d’Iroise au bassin d’Arcachon, dans le Nord, sur l’estuaire de la Seine, à la pointe du Cotentin et de Marseille à Toulon.  Dans les terres, ils sont nombreux en région parisienne et à Rouen (grand port maritime).

Focus sur les zones d’emploi littorales de métropole

En analysant en détail l’emploi maritime sur les côtes métropolitaines, le littoral de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se détache nettement avec plus de 100 000 emplois maritimes, dont plus des trois quarts dans le tourisme. Suivent les façades littorales de Bretagne avec un peu plus de 60 000 emplois et de Nouvelle-Aquitaine avec 47 400 emplois.

Au sein de l’emploi maritime, les emplois liés aux produits de la mer sont importants en mer du Nord, Manche et Atlantique. Ils représentent plus de 20 % de l’emploi maritime sur les littoraux des Hauts-de-France et de Bretagne. Cinq zones d’emploi littorales ont plus de 2 000 emplois dans ce domaine d’activité : Quimper (5 000), Boulogne-sur-mer (3 300), Rochefort (2 400), Lorient (2 400) et Challans (2 000).

La construction et la réparation navales concentrent plus de 10 % de l’emploi maritime de la Normandie aux Pays de la Loire, où ils représentent un emploi maritime sur quatre. Les principales zones d’emploi de ce secteur sont Brest (5 000 emplois), Toulon (4 000), Lorient (3 100), Cherbourg-Octeville (3 000), Saint-Nazaire (2 800) et Nantes (1 500).

Le transport maritime et fluvial tient une place importante sur le littoral des Hauts-de-France, de Normandie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les principales zones d’emploi correspondantes sont Marseille-Aubagne (8 900 emplois), Le Havre (7 600), Brest (2 500), Istres- Martigues (2 000), Calais (1 600) et Dunkerque (1 500).

Enfin, le domaine de la production d’énergie se concentre dans les Hauts-de-France (zone d’emploi de Dunkerque), en Normandie (Dieppe - Caux maritime) et en Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux).

Répartition de l’emploi maritime dans les zones d’emploi littorales en 2013

Note : les départements d’outre-mer ne figurent pas dans l’analyse. En effet, l’emploi touristique n’y est pas calculé, la connaissance de l’emploi maritime y est donc parcellaire.

Insee, Clap, Siasp, RP 2013

Des emplois salariés rémunérateurs

Globalement, le salaire brut moyen par équivalent temps-plein exerçant dans l’économie maritime est plus élevé que la moyenne pour l’ensemble de l’économie française.

La différence est très marquée pour les domaines d’activité comme la production d’énergie, les services parapétroliers et paragaziers offshore ou les travaux publics maritimes et fluviaux requérant une forte technicité. Par contre, le tourisme et les produits de la mer sont moins rémunérateurs.

Salaire brut moyen par ETP des salariés de l’économie maritime

Focus sur les salaires bruts des salariés des zones d’emploi littorales

Cet encadré ne tient compte que des secteurs d’activité 100 % maritimes dans les produits de la mer, la construction et la réparation navales, et le transport maritime et fluvial, activités maritimes traditionnelles. Le tourisme n’est donc pas pris en compte.

Dans plus des deux tiers des 76 zones d’emploi littorales, les activités traditionnelles de l’économie maritime rémunèrent davantage les salariés que l’ensemble de l’économie du territoire en question.

Dans plus d’un quart des zones d’emploi, la différence de salaire brut est supérieure à 20 %. Ces zones d’emplois comprennent pour beaucoup d’importantes zones industrialo-portuaires (Dunkerque, Calais, Le Havre, Brest, Lorient, Arles, Istres-Martigues, Marseille-Aubagne, Toulon...).

A l’opposé, dans 4 zones d’emploi, les activités maritimes sont nettement moins rémunératrices (salaire brut inférieure de plus de 20 % à la moyenne). Deux sont situées à l’ouest de la Guyane, une à la Réunion (zone d’emploi Nord) et la dernière en Bretagne Nord (Lannion). Parmi les zones d’emploi où le salaire brut moyen des activités maritimes est inférieur à la moyenne pour l’ensemble des emplois salariés des territoires étudiés, beaucoup sont des secteurs d’aquaculture, activité moins rémunératrice que les autres secteurs étudiés : Saint-Brieuc, La Roche-sur-Yon, Rochefort, La Test-de-Buch.

Rapport entre les salaires bruts des secteurs d’activité 100 % maritime et l’ensemble des emplois salariés dans les zones d’emploi littorales en 2013

Méthodologie

Cette fiche traite l’ensemble des domaines de l’économie maritime au sens des travaux de l’Ifremer (données de l’économie maritime française).

Elle mobilise les données de l’Insee :

  • Clap (connaissance locale de l’appareil productif) pour le décompte des emplois salariés des établissements maritimes, hors Défense ;
  • Siasp (système d’information sur les agents de la fonction publique) pour ceux du secteur de la construction navale de la Défense ;
  • recensement de la population pour les non-salariés des activités maritimes ;
  • enquête Tourisme pour les emplois touristiques littoraux, uniquement en métropole. Le calcul du nombre d’emplois du tourisme littoral est fait à partir d’un modèle de l’Insee prenant en compte tous les emplois « 100 % touristiques » et une partie des emplois partiellement touristiques. Il est limité à l’espace littoral, soit les 76 zones d’emploi littorales.


Le périmètre des emplois de l’économie maritime est défini à partir des activités principales des établissements (Apet) pour les emplois salariés hors tourisme. Ces dernières, qui correspondent au niveau détaillé de la nomenclature d’activités françaises (Naf), permettent de classer sans ambiguïté une partie de ces établissements dans l’économie maritime. Ce sont les activités « 100 % maritimes » comme la pêche, l’aquaculture ou la construction de navires.

En revanche, d’autres activités maritimes comme l’exploitation des algues, l’extraction de matériaux marins, la fabrication, la pose et la maintenance de câbles sous-marins, ne trouvent pas de traduction statistique directe dans la Naf. Une étude menée par l’Insee avec l’appui de l’Ifremer et de l’Observatoire national de la mer et du littoral a permis de lister des activités « partiellement maritimes ». Pour les établissements de ces secteurs, la décision de les inclure dans le champ découle d’une présélection automatique, combinant ces activités et des mots-clés de la raison sociale de leur unité légale (par exemple : « marine », « voile », « océan » ou « offshore »), suivie d’une sélection finale manuelle avec  l’appui de l’Ifremer et de directions régionales de l’Insee.

Les emplois non-salariés sont également pris en compte. Le périmètre de l’étude se limite aux personnes qui déclarent lors du recensement de la population exercer dans un établissement ayant une activité 100 % maritime. Par conséquent, l’étude ne prend pas en  compte les non-salariés des activités partiellement maritimes, hors tourisme.

Cette estimation sous-estime certainement l’emploi dans certains secteurs d’activité. Par ailleurs, des activités que l’on peut retrouver au sein des complexes portuaires, comme les entrepôts, ne sont pas retenus car non spécifiquement maritimes.