Tableau récapitulatif


Tableau 1 : trafic de marchandises dans les 20 principaux ports maritimes français en 2014
Sources : * Grand port maritime métropolitain (loi 2008-660). ** Part du total, ainsi, la somme des 20 principaux ports ne fait pas 100 %. MEEM-SOeS, 2014. Traitements : SOeeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Analyse générale


Ensemble des ports maritimes

Le trafic de marchandises dans les ports maritimes français est de près de 350 millions de tonnes en 2014. Après avoir progressé de 1997 à 2008, le trafic a diminué dès 2009, du fait de la crise économique, puis s’est stabilisé. Sur l’ensemble de la période, on ne peut pas  distinguer de tendance claire à la hausse ou à la baisse des échanges.

Figure 1 : trafic de marchandises dans les ports maritimes français depuis 1997
Sources : MEEM-SOeS, 2014. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

En 2013, le trafic dans les ports français représentait 3,6 % de l’ensemble des échanges maritimes mondiaux (Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement). Cette part était de 5,9 % en 2000, alors même que le trafic dans les ports français était du même ordre qu’en 2013, et n’a cessé de diminuer depuis avec l’importance prise par les pays émergents et la concurrence des grands ports européens.

Les quantités chargées regroupent un peu plus de 31 % du trafic de 1997 à 2014. Cette part augmente depuis le début de la période étudiée. Elle atteint plus de 35 % en 2014.

Figure 2-1 : trafic à courte ou longue distance
Sources : Eurostat, 2015. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Figure 2-2 : mers régionales concernées par le trafic à courte distance en 2014


Près des deux tiers du trafic de marchandises dans les ports métropolitains correspond à des échanges de courte distance (échange avec les pays de l’Union européenne ou ses voisins directs en mer Baltique, Méditerranée et mer Noire - Eurostat). Cela s’explique par la tendance à la saturation des réseaux routiers et par les coûts modérés du transport maritime en dépit des ruptures de charge. Qui plus est, le transport maritime est d’une efficacité énergétique élevée, étant le mode de transport le moins émetteur de gaz à effet de serre à la tonne transportée. Il est encouragé par les politiques nationales et européennes de transport. D’importantes réflexions sont par ailleurs en cours pour améliorer la part du fret ferroviaire et fluvial en pré et post-acheminement portuaire.

Détail par façade maritime

Le trafic de marchandises dans les ports de la façade Manche Est - mer du Nord (Dunkerque, Calais, Le Havre, Rouen...) représente environ la moitié de l’ensemble du trafic portuaire français assez loin devant les ports de Méditerranée qui concentrent environ 30 % du trafic de 1997 à 2014, dont principalement le grand port de Marseille. Les autres façades sont nettement en deça. La façade Nord Atlantique - Manche Ouest regroupe 10 % du trafic (Nantes, Brest, Lorient...), la façade Sud Atlantique un peu plus de 5 % et les ports ultramarins 3 %.

Sur la période étudiée, on note une augmentation du trafic pour la façade Sud Atlantique et pour l’outre-mer (test de Mann-Kendall). Le trafic est un peu plus élevé en 2014 qu’en 1997 en Manche Est - mer du Nord alors qu’il est plus faible en Méditerranée.

L’outre-mer est par ailleurs caractérisé par une forte part de marchandises déchargées. Cela s’explique par la forte dépendance aux importations des départements insulaires.

Figure 3 : trafic de marchandises dans les ports maritimes français par façade
Sources : MEEM-SOeS, 2014. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Trafic par type de marchandises


Ensemble des ports maritimes

Le trafic de vrac liquide, comprenant surtout les produits pétroliers (pétrole brut, produits pétroliers raffinés, hydrocarbures gazeux liquéfiés ou comprimés), représente près de la moitié des échanges portuaires sur la période étudiée, 46 %. L’essentiel correspond à des déchargements. Le trafic de vrac liquide a augmenté dans un premier temps jusqu’en 2006-2007. Il diminue depuis cette date.

Le vrac sec représente près du quart du trafic sur la période étudiée, les quantités transportés semblant assez stables d’une année à l’autre. Ce sont essentiellement des céréales, du charbon et des minerais. Beaucoup sont déchargés, à l’exception des céréales dont l’essentiel des tonnages sont chargés dans les ports français.

Figure 4 : trafic de marchandises par type dans les ports maritimes français depuis 1997
Sources : MEEM-SOeS, 2014. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Le trafic de rouliers (un roulier est un navire utilisé pour transporter des véhicules chargés grâce à une ou plusieurs rampes d’accès. On les dénomme aussi “Ro-Ro”,de l’anglais “Roll-On, Roll-Off”) représente 22 % des échanges en 2014 contre 14 % en 1997. Il augmente sur la période étudiée et rejoint ainsi les tonnages de vracs secs en 2014. Le trafic est assez équilibré entre marchandises chargées et déchargées.

Le trafic de conteneurs de plus de 20 pieds a également augmenté sur la période étudiée. Il atteint plus de 14 % du total en 2014. C’est presque le double de sa part en 1997. Comme pour le trafic de rouliers, il est quasi équilibré entre chargement et déchargement.

Enfin, le trafic de marchandises diverses représente d’assez faibles quantités. Il diminue de manière significative sur la période étudiée.

Détail par port

Le trafic de marchandises varie fortement suivant les ports, en quantité et en types de marchandises concernées. En 2014, les 7 « grands ports maritimes » métropolitains représentent, à eux seuls, les trois quarts du trafic (74,9 %), avec 258 millions de tonnes. Deux ont un trafic dépassant 50 millions de tonnes : Marseille, en Méditerranée, et Le Havre dans la Manche. Les 20 principaux ports présentés dans la figure 5 concentrent 97,5 % du trafic.

Le trafic de pétrole brut est très concentré. Les ports de Marseille et du Havre regroupent plus de 80 % des tonnages, suivis par Nantes - Saint-Nazaire, avec près de 15 %. Le trafic de produits pétroliers raffinés est plus éclaté, les 7 grands ports maritimes concentrent tout de même près de 90 % du trafic. Le port de Marseille représente 81 % du trafic du gaz naturel suivi de celui de Nantes avec 15 %.

Figure 5 : trafic de marchandises par type dans les 20 principaux ports français en 2014
Sources : * Grand port maritime métropolitain (loi 2008-660). MEEM-SOeS, 2014. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Les ports céréaliers sont situés au plus près des grands bassins de production. Rouen, La Rochelle et Dunkerque représentent 71 % des échanges, le trafic des céréales regroupant 33 % des tonnages transitant à Rouen et 46 % à La Rochelle. Les ports de Nantes et de Bordeaux sont non négligeables avec plus de 5 % des échanges de céréales chacun.

Le trafic portuaire de nourriture animale se concentre dans les ports de l’ouest de la France (Nantes, Brest et Lorient), à proximité des territoires d’élevage intensif (Bretagne et Pays de la Loire). A Brest et Lorient, cela représente un peu plus du tiers du trafic. Minerais et charbon transitent surtout dans les ports de Marseille et de Dunkerque et leurs importantes zones industrialo-portuaires. Les engrais transitent par de nombreux ports, au plus près de leur utilisation. Aucun port ne dépasse 20 % du total. Les principaux sont Rouen (19 %), Bayonne (13 %), La Rochelle et Saint-Malo (12 %), et Sète (9 %).

En dehors des grands ports maritimes, certains ports sont spécialisés dans le trafic de rouliers. Ils sont situés en face des îles britanniques ou en Méditerranée (transports France – Maghreb et Continent – Corse). Pour huit ports, le trafic de rouliers représente plus de 70 % des tonnages les concernant en 2014 : Calais (99 %), Toulon (96 %), Bastia (91 %),  Cherbourg (90 %), Ajaccio (83 %), Caen (82 %), Roscoff (81 %) et Nice (70 %).

Enfin, le trafic de conteneurs prend une place importante au port du Havre (port 2000) qui regroupe plus de 50 % du trafic de conteneurs, mais aussi en outre-mer, où les  départements insulaires sont dépendants des importations de biens manufacturés.

La place des principaux ports maritimes français en Europe


En 2014, deux grands ports maritimes métropolitains sont parmi les 20 plus grands ports européens : Marseille et Le Havre. Leurs trafics sont cependant nettement inférieurs aux trois principaux ports européens, tous situés en mer du Nord : Rotterdam, Anvers et Hambourg.

Comme le montre la figure 6, la part de marché des ports français s’est dégradée par rapport aux ports européens concurrents de la mer du Nord (Rotterdam, Anvers, Hambourg ou Bremerhaven) et de Méditerranée (Algésiras, Valence ou Trieste) de 2008 à 2014.

Ceci s’explique surtout par la forte croissance de la conteneurisation dans les autres ports européens (vastes terminaux dédiés, forte profondeur pour les navires à grand tirant d’eau, pôle logistique de pré et post-acheminement, lieux de stockage…) dont l’adaptation à la massification du transport maritime a été plus précoce et plus importante.

Figure 6 : évolution du trafic de marchandises dans les 20 principaux ports européens
Sources : Eurostat, 2014.Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).