Tableau récapitulatif


Tableau 1 : érosion du littoral métropolitain en 2003
Sources : Eurosion database, 2004, Observatoire du littoral.

Analyse générale de l’érosion côtière


D’après la figure 1, un quart du trait de côte métropolitain recule (24,2%), soit 1720 km de côtes. A l’inverse, un dixième du littoral (9,5%) est en engraissement et gagne des terres sur la mer.

En opposition à ces littoraux mobiles, près de la moitié du linéaire côtier (43,7%) est stable.

Enfin, notons que 17,4% du linéaire côtier est hors nomenclature pour la base de données d’Eurosion. Il s’agit de zones portuaires sur 790 km de côtes, de zones d’enrochements et de défense longitudinale (digues, murs…) sur 336 km et de remblais sur 66 km.

Figure 1 : part du littoral métropolitain soumis à l’érosion en 2003
Sources : Eurosion database, 2004, Observatoire du littoral.
D’après la figure 2, selon sa nature, le littoral évolue différemment.

Les côtes sableuses sont proportionnellement les plus érodées. Elles représentent 2/3 de l’ensemble des côtes reculant en métropole. Ceci concerne 1 150 km.

Les côtes rocheuses sont généralement plus résistantes aux attaques de la mer, les 3/4 sont stables, soit 2 130 km de côtes. Un cinquième de leur linéaire s’érode tout de même. Ce sont surtout les roches sédimentaires, dont les falaises calcaires, qui sont concernées.

Les côtes vaseuses, vasières et marais, accumulent des sédiments marins et terrestres. Elles ont plutôt tendance à s’engraisser. Ne représentant que 9,5% des côtes naturelles métropolitaines, elles totalisent 54% des littoraux en accrétion, soit 370 km de côtes.

Figure 2 : érosion côtière suivant les types de côte en 2003
Sources : Eurosion database, 2004, Observatoire du littoral.

Analyse géographique de l’érosion côtière en métropole


Pour simplifier la compréhension des figures 3 et 4, les linéaires côtiers hors nomenclature (trait de côte figé artificiellement et limites estuariennes) ou sans information ne sont pas intégrés à l’analyse. Seules les côtes naturelles où le phénomène d’érosion/stabilité/engraissement est documenté y figurent.

Figure 3 : part du littoral naturel documenté soumis à l’érosion en 2003, par façade départementale
Sources : Eurosion database, 2004, Observatoire du littoral.
Sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord :
Le littoral est fortement soumis à l’érosion de la frontière belge au Calvados. Cela concerne 85% du littoral naturel documenté du Pas de Calais et 92% en Seine-maritime. Les secteurs concernés sont surtout des systèmes dunaires (littoral du Nord) et des falaises calcaires très friables (Côte d’Albâtre). Les secteurs épargnés sont les vasières de l’estuaire de Seine et des baies de la Canche, de l’Authie et de la Somme.

Le littoral du département de la Manche se démarque. Près de 45% du littoral naturel documenté y est en engraissement. Cela touche principalement les nombreux havres du département ainsi que le marais maritime du Cotentin. Les autres territoires littoraux se répartissent à part égale entre secteurs stables et secteurs érodés.

Sur les côtes de Bretagne et de Loire-Atlantique :
La très grande hétérogénéité des fonds marins et du linéaire côtier impliquent une très grande variabilité des phénomènes d’érosion/stabilité/engraissement. Sur de faibles distances, peuvent se juxtaposer des secteurs érodés et d’autres stables.

Plus de la moitié du linéaire côtier naturel documenté de Bretagne et de Loire atlantique est stable, cette part étant de 71% dans le Morbihan. Les littoraux en engraissement sont rares. Ils ne représentent, par exemple, que 3% des côtes naturelles du Finistère. La part du littoral s’érodant est donc assez forte. Elle est supérieure à la moyenne métropolitaine sur le littoral des Côtes d’Armor (37%) et du Finistère (32%). D’importants secteurs sont concernés : côte de granite rose, Léon, sud Finistère (d’Audierne à Bénodet), littoral de Port-Louis à la presqu’île de Quiberon.

On note par contre que le littoral naturel d’Ile et Vilaine, essentiellement rocheux, est stable.

Sur la côte atlantique, au sud de l’estuaire de la Loire :
L’érosion est importante. Elle concerne 52% du linéaire côtier naturel documenté de ce secteur contre 31% sur l’ensemble du littoral métropolitain. Seuls quelques grands secteurs ne sont pas concernés : les marais littoraux (Baie de Bourgneuf, marais poitevin, bassin d’Arcachon) et d’importantes portions du littoral dunaire aquitain (essentiellement dans les Landes).

Sur le pourtour méditerranéen :
Le littoral corse, plutôt rocheux, est épargné par l’érosion sur la majorité de son trait de côte. La plaine orientale et ses grandes plages de sable est cependant fortement concernée par ce phénomène.
A l’exception des côtes des Pyrénées orientales, le littoral allant de la frontière espagnole au delta du Rhône est essentiellement sableux. Le recul des côtes peut y être localement important. Les zones de lagunes héraultaises (comme le lido de Sète à Marseillan) et la Camargue sont particulièrement concernées.

Plus à l’est, on note une grande hétérogénéité des types de côtes. Se succèdent calanques, caps rocheux et baies sableuses. Les risques d’érosion sont donc très variables. Les principaux secteurs reculant sont le littoral escarpé et calcaire de la Côte bleue, la presqu’Île de Giens, et de nombreuses baies de la Côte d’Azur. Il n’y a pas de secteurs en engraissement.

Carte 1 : littoral naturel soumis à l’érosion en 2003
Sources : Eurosion database, 2004, Observatoire du littoral.