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Erosion hydrique des sols agricoles et pression de l'élevage en germes fécaux

Pression des activités humaines terrestres et maritimes, Etat du milieu marin et littoral, Etat physique et chimique, Activités économiques littorales et maritimes, Économie maritime et des territoires littoraux

Rédacteur : Sébastien Colas, SOeS

Erosion d'un sol viticole dans le Languedoc
Erosion d'un sol viticole dans le Languedoc

Les sols agricoles n’ont pas tous le même comportement vis à vis de l’érosion hydrique. Suivant leur sensibilité à la battance liée à leur texture (pourcentage de limons) et à la teneur en matières organiques, la couverture végétale en place, la pente et la force érosive des pluies (intensité et hauteur), l’aléa érosif des sols est plus ou moins élevé. 

Sur le littoral, les particules érodées peuvent directement arriver en mer par  ruissellement, emportant éventuellement avec eux les engrais, les pesticides et les matières fécales animales qui leurs sont liés. 

L’érosion des sols agricoles côtiers peut donc apporter des bactéries fécales et avoir un impact sur la qualité des eaux de baignade et conchylicoles. Ceci peut aussi se produire sur des territoires urbanisés par rejet direct de réseaux d’assainissement sous-dimensionnés ou par ruissellement sur les sols imperméabilisés. 

Il est donc intéresser d’analyser conjointement l’aléa érosif des sols agricoles en bord de mer et la pression en germes fécaux engendrée par les élevages sur ces mêmes territoires. 

Pour simplifier cette analyse, seule la bactérie Escherichia coli est prise en compte. Il s’agit d’une bactérie fécale commune chez les animaux à sang chaud, potentiellement pathogène pour l’homme et suivie régulièrement dans les différents réseaux de surveillance de la qualité de l’eau (eau de baignade, eau de consommation, eau conchylicole…). 

La durée de survie de cette bactérie dans les sols, l’eau douce et l’eau de mer est très variable suivant les conditions de milieu et le stress qu’elles provoquent sur ces organismes : température, salinité, turbidité, taux de matières organiques sont parmi les facteurs les plus importants. Suivant les conditions, elles ont une durée de vie de quelques heures à plusieurs jours. 

Afin de tenir compte de cela, il a été décidé de limiter cette étude aux communes des cantons littoraux. Il aurait été intéressant de prendre en compte les bassins versants littoraux. Cependant les données agricoles disponibles (recensement de 2000) sont à la maille communale et l’analyse est donc plus simple en se basant sur un découpage administratif du territoire.

L'érosion des sols en métropole

L’aléa d’érosion des sols agricoles est très variable sur le territoire métropolitain. Il est fort à très fort dans le nord de la France (en Bretagne, au nord de la Basse-Normandie, au nord/ouest et de la région Centre, en Seine-Maritime, en Picardie et dans le Pas-de-Calais) et dans les arcs alpin et pyrénéen et leurs piémonts. Il est plutôt faible sur l’axe Poitou-Charentes / Pays de la Loire - Alsace / Franche-Comté. 

Sur le littoral, les secteurs les plus concernés par un aléa d’érosion fort à très fort se situent principalement au nord de la France. Il s’agit du littoral du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime (Pays de Caux), de la Manche, des Côtes d’Armor, et du Finistère. L’aléa érosif est très faible dans le Centre Atlantique, en Aquitaine et sur l’essentiel du littoral méditerranéen en dehors des côtes des Alpes-Maritimes. 

Figure 1 : aléa érosion par commune en France métropolitaine
Figure 1 : aléa érosion par commune en France métropolitaine
Figure 2 : aléas d’érosion dans les cantons littoraux par façade maritime
Figure 2 : aléas d’érosion dans les cantons littoraux par façade maritime

Source : Inra GIS Sol, Observatoire du littoral.