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La gestion du trait de côte

Risques et changement climatique, Les risques, Le changement climatique

Rédacteur : Maëlle Allain, ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durab

Le trait de côte est une courbe/ligne représentant l'intersection de la terre et de la mer dans le cas d'une marée haute astronomique de coefficient 120 et dans des conditions météorologiques normales. Par extension c'est la limite entre la terre et la mer, c'est à dire la côte.

Les différentes formes littorales et les processus responsables de la dynamique du trait de côte

Le trait de côte n'est régulier ni dans sa forme, ni dans sa structure. Les différents types de côtes peuvent ainsi être séparés en deux catégories : les côtes d'érosion telles que les falaises qui peuvent être rocheuses mais pas exclusivement, et les côtes d'accumulation, fruit de la sédimentation (plages, dunes) ou de l'activité d'organismes vivants (récifs coralliens). Si les premières ne peuvent que reculer, pour cause des phénomènes d'érosion, les secondes peuvent aussi avancer par phénomènes d'accumulation ou d'accrétion.

© S. Costa : érosion d'une falaise – Pointe du Hoc (14)
© EID Méditerranée : phénomènes d'accrétion et d'érosion dus à la présence d'épis

Ces évolutions sont affectées par les volumes de sédiments disponibles, par les facteurs hydrodynamiques et climatiques, et par le niveau de la mer. La houle, la marée et les courants associés sont prédominants dans cette dynamique. La connaissance de ces phénomènes permet de définir l'hydrodynamique littorale et les modalités de transport des sédiments qui rentreront dans les processus d'érosion. Le vent quant à lui, est un agent de transport fondamental pour les côtes d'accumulation sableuse.

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Les différentes techniques de défense contre la mer

L'érosion est un phénomène naturel, qui touche toutes les façades maritimes avec parfois des effets positifs sur les milieux et les écosystèmes. Toutefois, elle peut constituer un risque pour les populations, et implique alors la mise en place de techniques de défense contre la mer. Deux systèmes sont alors envisagés : les techniques dites souples avec une approche plus environnementale, et les techniques dites dures qui ont la caractéristique de figer le trait de côte. 

Les techniques dites souples 
Depuis les années 1980, les techniques souples se sont développées en France. Elles sont conçues pour travailler avec la nature en intégrant la dynamique naturelle du littoral et la mobilité du trait de côte. Les rechargements de plage ou d’avant-plage, techniques très largement utilisées aujourd'hui, ont ainsi pour objectif de compenser le déséquilibre du littoral résultant d’une érosion naturelle ou d’une action humaine (ouvrages rigides de protection fixant le trait de côte, construction d’ouvrages portuaires qui bloquent le transit littoral ou d'ouvrages fluviaux qui limitent l'apport sédimentaire). Ces opérations impliquent l'extraction de sable au large des côtes et des impacts sur les écosystèmes. De plus elles n'offrent généralement pas de solution permanente aux pertes de sédiments. Il est donc nécessaire de connaître les zones à recharger et le profil d'équilibre de chaque plage pour permettre un rechargement optimal. 

Figure 1 : méthode de rechargement d'une plage par extraction et importation de sable du large (Cetmef)
Figure 1 : méthode de rechargement d'une plage par extraction et importation de sable du large (Cetmef)