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La notion de littoral terrestre

Outils de gestion, de protection de la nature, d’aménagement et d’urbanisme

Rédacteur : Sébastien Colas, SOeS

La notion de littoral est communément admise par tous. Il s’agit de l’espace qui relie la terre et la mer. Il n’existe cependant pas de définition unique de ce territoire mais plusieurs méthodes pour le délimiter sur terre comme en mer. Ces définitions peuvent être d’ordres biologique, physique, économique, démographique ou juridique.

Sur un plan biologique, on peut par exemple limiter la côte à l’espace occupé par les espèces végétales liées à la zone intertidale. Sur un plan démographique et économique, peuvent être pris en compte les territoires participant directement à l’économie maritime. Sur un plan juridique, les limites littorales terrestres sont définies suivant un découpage administratif (voir ci-dessous) et par différentes lignes en mer comme la limite de mer territoriale.

Suivant les thématiques abordées sur ce territoire et les données mobilisées pour son suivi, plusieurs définitions peuvent être utilisées pour délimiter le littoral terrestre et son arrière-pays. Quelques-unes sont présentées dans cet article qui ne prétend pas être exhaustif.

La notion de littoral

Les communes littorales
La loi "Littoral" de 1986 définit et liste les communes littorales où elle s’applique. En bord de mer, ce sont les communes maritimes, riveraines des océans, des lagunes ou des estuaires en aval de la limite transversale à la mer. Depuis le décret n°2004-311 de mars 2004, ont été ajoutées les communes d’estuaires, situées entre la limite de salure et la limite transversale à la mer. Voir le décret sur les communes d'estuairesVoir un article de l'Observatoire sur les communes d'estuaires.

Figure 1 : communes littorales maritimes et estuariennes métropolitaines
Figure 1 : communes littorales maritimes et estuariennes métropolitaines

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Source : DGUHC, 2007

En métropole, on dénombre 883 communes maritimes et 87 communes d’estuaires, principalement situées sur la Seine, la Loire, la Charente et la Gironde, comme le montre la figure 1 (référentiel communal de 1999).

La prise en compte des communes maritimes et d’estuaires pour appréhender le littoral terrestre présente plusieurs avantages :

  • La liste des communes est définie par la Loi. Elle est donc unique et permet à l’ensemble des acteurs d’utiliser les mêmes référentiels géographiques ;
  • La très grande majorité des données produites par les services statistiques sont disponibles à la maille communale. Il est donc aisé de mettre en œuvre des suivis en utilisant les communes définies par la loi « Littoral ».

Leur utilisation présente tout de même des limites. Les communes littorales ont en effet une taille très variable suivant les façades maritimes. Comme le montre la figure 2, elles sont généralement petites sur la façade Manche – mer du Nord, en Ille-et-Vilaine, en Charente-Maritime, dans les Pyrénées-Atlantiques ou les Alpes-Maritimes et sont beaucoup plus étendues sur le littoral de Gironde, de l’Aude, du Gard ou de Corse-du-Sud.

Figure 2 : Surface moyenne des communes littorales par classe et façade littorale départementale
Figure 2 : Surface moyenne des communes littorales par classe et façade littorale départementale

Source : limites administratives BD Carto, 1999 – Observatoire du littoral.

Les communes littorales ont par exemple une « épaisseur » d’environ 2 km sur le littoral de Seine-Maritime, alors qu’en Gironde, elles peuvent s’étendre jusqu’à plus de 20 km des rivages (près de 30 km à Carcans).

Pour le suivi de certaines thématiques, comme l’occupation du sol ou l’agriculture, ces différences peuvent biaiser les comparaisons entre façades, bien que l’estimation de ce biais soit difficile à quantifier. De même, l’agrégation de toutes les communes littorales pour obtenir, par exemple, l’occupation du sol moyenne des communes littorales, engendre une surreprésentation des grandes communes au détriment des petites.

Les rivages situées à faible altitude
La prise en compte des territoires situés en bord de mer et à basse altitude pour définir le littoral paraît séduisante à première vue. Elle est pourtant difficile à mettre en œuvre comme le montre la figure 3 précisant la localisation de la courbe de niveau de 5 mètres sur l’ensemble du littoral. 

Sur les littoraux bas comme la plaine de Flandre, les marais du Cotentin, les grandes zones humides littorales et les estuaires atlantiques, ainsi que la Camargue, la courbe de niveau « 5 mètres » peut se situer très loin des côtes. Dans certains cas, comme pour le marais Poitevin ou les rives de la Charente, elle peut même se situer en dehors des limites des départements littoraux. A l’inverse, pour les côtes à falaises comme la Côte d’Albâtre ou pour les littoraux dunaires comme la côte aquitaine, la courbe de niveau de 5 mètres se confond presque avec le trait de côte.

Cette définition du littoral à partir des altitudes paraît donc difficile à utiliser, excepté pour des études locales sur les risques de submersion ou encore sur les zones humides littorales.

Figure 3 : terres situées à moins de 5 mètres d’altitude sur les 3 façades maritimes
Figure 3 : terres situées à moins de 5 mètres d’altitude sur les 3 façades maritimes

Remarque : Les courbes de niveau 5m sont fournies dans le cadre du programme européen Eurosion. Pour les rendre visibles sur des cartes à petite échelle, elles ont été généralisées, lissées et simplifiées.
Source : Consortium Eurosion, 2004 – Observatoire du littoral.