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Les emplois de l’économie maritime, données 2015

Économie maritime et des territoires littoraux, Activités économiques littorales et maritimes

Rédacteur : Sébastien Colas, SDES

Suivi chaque année, le socle de l’économie maritime génère 391 000 emplois en 2015. Près de neuf sur dix sont localisés dans les zones d’emploi littorales. Le tourisme est de loin le secteur le plus grand employeur avec plus de 215 000 emplois, devant la filière des produits de la mer, le transport maritime et fluvial, et la construction et la réparation navales. L’essentiel des domaines d’activité de l’économie maritime étudiés sont plus rémunérateurs que la moyenne de l’ensemble des secteurs de l’économie française.

Plus de 390 000 emplois générés par l’économie maritime

En France, le socle de l’économie maritime (voir méthodologie) compte 391 000 emplois, soit un peu plus de 1,5 % de l’ensemble de l’emploi. Il regroupe des activités diverses comme le tourisme littoral, la pêche, la construction navale ou encore les énergies marines renouvelables. A l’exception de certaines activités fluviales, toutes ces activités sont liées à la mer.

Les quatre principaux secteurs d’activité regroupent chacun plus de 10 % des emplois de l’économie maritime.

Nombre d’emplois par domaine d’activité en 2015

Avec plus de 215 000 emplois, le secteur du tourisme littoral mobilise plus de la moitié des travailleurs de l’économie maritime. L’essentiel oeuvre dans l’hôtellerie et la restauration (Insee, 2015).

L’ensemble de la filière des produits de la mer (pêche, aquaculture, transformation/conservation, mareyage et vente au détail) arrive en seconde position avec 52 200 emplois.

Le transport maritime et fluvial, dont les services portuaires, emploie 44 700 personnes et la construction et la réparation de navires 38 500. Ce domaine d’activité comprend la construction de navires et de bateaux de plaisance, la France étant le 1er constructeur mondial de voiliers, mais également la production d’équipements nautiques, les concessionnaires ou les bureaux d’étude spécialisés.

Détail des activités « 100 % maritimes », en 2015

Insee, Clap, Siasp, RP 2015

Les secteurs d’activité maritime traditionnels, 100 % maritimes, comptent 123 000 emplois en 2015. Les principaux sont la construction de navires et de structures flottantes (16 300 emplois), la transformation et la conservation des produits de la mer (12 400), la pêche en mer (12 200) et les services auxiliaires de transport par eau (11 600).

800 emplois en moins de 2013 à 2015 dans les activités 100 % maritimes

Les activités 100 % maritimes ont perdu près de 800 emplois de 2013 à 2015, 600 dans la pêche en mer, plus de 400 dans la construction de navires et plus de 300 dans les services auxiliaires de transport par eau. A l’inverse, l’emploi a augmenté dans la réparation et la maintenance navales (+300), la manutention portuaire (+150) ou la production de sel (+150).

Évolution de l’emploi 100 % maritime entre 2013 et 2015

Insee, Clap, Siasp, RP 2013 et 2015

Près de neuf emplois sur dix sont localisés en bord de mer

Les zones d’emploi littorales de métropole et d’outre-mer concentrent près de neuf emplois maritimes sur dix en 2015, soit 340 500.

Répartition géographique de l’emploi maritime en 2015

Insee, Clap, Siasp, RP 2015

Les zones d’emploi littorales de Méditerranée se détachent. Elles représentent à elles seules 34 % de l’emploi maritime, devant celles de Nord Atlantique - Manche Ouest (23 %), Manche Est - mer du Nord (15 %) et Sud Atlantique (13 %). La part de l’outre-mer avoisine 2 % du total. Cinq des dix zones d’emploi les plus importantes sont localisées sur le littoral de Paca : Marseille-Aubagne (26 500 emplois), Cannes-Antibes (22 100), Nice (17 800), Toulon (14 800) et Fréjus-Saint-Raphaël (12 100). Les autres sont Brest (17 500), Le Havre (11 500), Saint-Nazaire (11 300), Bayonne (10 700) et Quimper (10 100).

Ensemble des emplois de l'économie maritime en 2015

Cartographie dynamique

Evolution 2013-2015 des emplois 100 % maritimes

Cartographie dynamique

Insee, Clap, Siasp, RP 2013 et 2015

En bord de mer, les emplois maritimes sont moins nombreux de la Côte d’Opale à la baie de Somme, sur la côte occidentale du Cotentin et au nord de la Bretagne, en Occitanie et en Corse. Ils représentent une part importante de l’emploi sur le littoral de Seine-Maritime, en Centre-Atlantique, dans l’est de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et au nord et au sud de la Corse.

Les plus fortes diminutions des effectifs de l’économie 100 % maritime de 2013 à 2015 sont localisées de la frontière belge à la Bretagne ainsi que sur le littoral des Bouches-du-Rhône.

Dans un tiers des zones d’emploi littorales de métropole (21 zones d’emploi), le tourisme représente plus de 80 % de l’emploi maritime. 13 d’entre elles sont situées sur le littoral méditerranéen, où le tourisme prend une place majeure. Parmi les zones d’emploi où le tourisme est moins important, beaucoup hébergent des zones industrialo-portuaires importantes comme les territoires de Brest, Boulogne-sur-mer, Cherbourg-Octeville, Dunkerque, Le Havre, Lorient et Nantes.

Focus sur les zones d’emploi littorales de métropole

En analysant en détail l’emploi maritime sur les côtes métropolitaines, le littoral de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se détache nettement avec plus de 100 000 emplois maritimes, dont les trois quarts dans le tourisme. Suivent les façades littorales de Bretagne avec 61 100 emplois et de Nouvelle-Aquitaine avec 49 500 emplois.

Répartition de l’emploi maritime dans les zones d’emploi littorales en 2015

Note : les départements d’outre-mer ne figurent pas dans l’analyse. En effet, l’emploi touristique n’y est pas calculé, la connaissance de l’emploi maritime y est donc parcellaire.
Insee, Clap, Siasp, RP 2015


Au sein de l’emploi maritime, les emplois liés aux produits de la mer sont importants en mer du Nord, Manche et Atlantique. Ils représentent plus de 20 % de l’emploi maritime sur les littoraux des Hauts-de-France et de Bretagne. Cinq zones d’emploi littorales ont plus de 2 000 emplois dans ce domaine d’activité : Quimper (4 800 emplois), Boulogne-sur-mer (3 400), Lorient (2 500), Rochefort (2 400) et Challans (2 000).

La construction et la réparation navales concentrent près de 10 % ou plus de l’emploi maritime en Normandie, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, où ils représentent près d’un emploi maritime sur quatre. Cinq zones d’emploi se détachent très nettement pour ce secteur : Brest (5 000 emplois), Toulon (4 100), Saint-Nazaire (3 100), Lorient (2 900) et Cherbourg-Octeville (2 900).

Le transport maritime et fluvial tient une place importante sur les littoraux des Hauts-de-France, de Normandie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les principales zones d’emploi sont celles de Marseille-Aubagne (8 900 emplois), Le Havre (7 300), Brest (2 900), Dunkerque (1 600) et Istres - Martigues (1 500).

Enfin, le domaine de la production d’énergie se concentre dans les Hauts-de-France (zone d’emploi de Dunkerque), en Normandie (Dieppe - Caux maritime) et en Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux).

Des emplois salariés rémunérateurs

Globalement, le salaire brut moyen par équivalent temps-plein (EqTP) exerçant dans l’économie maritime est un peu plus élevé que la moyenne pour l’ensemble de l’économie française.

La différence est très marquée pour les domaines d’activité comme les services parapétroliers et paragaziers offshore, la production d’énergie ou les travaux publics maritimes et fluviaux requérant une forte technicité. Par contre, le tourisme et les produits de la mer sont moins rémunérateurs.

Salaire brut moyen par ETP des salariés de l’économie maritime en 2015

Focus sur les salaires bruts des salariés des zones d’emploi littorales

Cet encadré ne tient compte que des secteurs d’activité 100 % maritimes dans les produits de la mer, la construction et la réparation navales, et le transport maritime et fluvial, activités maritimes traditionnelles. Le tourisme n’est pas pris en compte.

Dans près des deux-tiers des zones d’emploi littorales, les activités traditionnelles de l’économie maritime rémunèrent davantage les salariés que l’ensemble de l’économie du territoire en question.

Dans une zone d’emploi littorale sur trois, la différence de salaire brut est supérieure à 20 %. Beaucoup de ces zones d’emplois comprennent d’importantes zones industrialo-portuaires : Dunkerque, Calais, Le Havre, Brest, Lorient, Arles, Istres-Martigues, Marseille-Aubagne ou Toulon.

A l’opposé, dans 7 zones d’emploi, les activités maritimes sont nettement moins rémunératrices (salaire brut inférieur de plus de 20 % à la moyenne). Deux sont situées en Guyane, trois autres dans les Antilles, une à La Réunion (Nord), une autre en Bretagne (Fougères) et la dernière en Normandie (Pont-Audemer). Parmi les zones d’emploi où le salaire brut moyen des activités maritimes est inférieur à la moyenne pour l’ensemble des emplois salariés des territoires étudiés, beaucoup sont des régions d’aquaculture, activité moins rémunératrice que les autres secteurs étudiés : Saint-Brieuc, Coutances, Vannes, Rochefort, La Test-de-Buch.

Rapport entre les salaires bruts des secteurs d’activité 100 % maritime et l’ensemble des emplois salariés dans les zones d’emploi littorales en 2015

Méthodologie

Cette fiche traite l’ensemble des domaines de l’économie maritime au sens des travaux de l’Ifremer (données de l’économie maritime française). Elle mobilise les données de l’Insee :

  • Clap (connaissance locale de l’appareil productif) pour le décompte des emplois salariés des établissements maritimes, hors Défense ;
  • Siasp (système d’information sur les agents de la fonction publique) pour ceux du secteur de la construction navale de la Défense ;
  • recensement de la population pour les non-salariés des activités maritimes ;
  • enquête Tourisme pour les emplois touristiques littoraux, uniquement en métropole. Le calcul du nombre d’emplois du tourisme littoral est fait à partir d’un modèle de l’Insee prenant en compte tous les emplois « 100 % touristiques » et une partie des emplois partiellement touristiques. Il est limité à l’espace littoral, soit les 76 zones d’emploi littorales.


Le périmètre des emplois de l’économie maritime est défini à partir des activités principales des établissements (Apet) pour les emplois salariés hors tourisme. Ces dernières, qui correspondent au niveau détaillé de la nomenclature d’activités françaises (Naf), permettent de classer sans ambiguïté une partie de ces établissements dans l’économie maritime. Ce sont les activités « 100 % maritimes » comme la pêche, l’aquaculture ou la construction de navires.

En revanche, d’autres activités maritimes comme l’exploitation des algues, l’extraction de matériaux marins, la fabrication, la pose et la maintenance de câbles sous-marins, ne trouvent pas de traduction statistique directe dans la Naf. Une étude menée par l’Insee avec l’appui de l’Ifremer et de l’Observatoire national de la mer et du littoral a permis de lister des activités « partiellement maritimes ». Pour les établissements de ces secteurs, la décision de les inclure dans le champ découle d’une présélection automatique, combinant ces activités et des mots-clés de la raison sociale de leur unité légale (par exemple : « marine », « voile », « océan » ou « offshore »), suivie d’une sélection finale manuelle avec l’appui de l’Ifremer et de directions régionales de l’Insee.

Les emplois non-salariés sont également pris en compte. Le périmètre de l’étude se limite aux personnes qui déclarent lors du recensement de la population exercer dans un établissement ayant une activité 100 % maritime. Par conséquent, l’étude ne prend pas en compte les non-salariés des activités partiellement maritimes, hors tourisme.

Ce calcul sous-estime certainement l’emploi dans certains secteurs d’activité. Par ailleurs, des activités que l’on peut retrouver au sein des complexes portuaires, comme les entrepôts, ne sont pas retenus car non spécifiquement maritimes.

Par rapport aux données 2013, les établissements classés dans le domaine « autres » ont été soit affectés dans les autres domaines, soit retirés du champ de l’économie maritime.