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L’orientation des exploitations agricoles des communes littorales métropolitaines

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Contexte

L’orientation technico-économique des exploitations agricoles, otex, permet de les classer suivant leur taille économique et leur(s) spécialisation(s). Il s’agit d’une norme européenne, une exploitation est spécialisée dans une orientation lorsque la/les production(s) concernée(s) dépasse(nt) deux tiers de sa production brute standard.

Les informations sont à l’échelle des communes où on prend en compte l’otex le plus représenté sur la commune. Sont prises en compte les exploitations dont le siège est situé dans la commune en cause, même si leurs terres peuvent être réparties sur plusieurs communes.

L’étude des otex communaux permet de connaître de manière globale l’orientation générale de l’agriculture dans les différentes communes.

Une agriculture littorale parfois spécialisée

L’otex moyen des communes littorales métropolitaines montre de nombreuses spécificités par rapport à la moyenne métropolitaine.

Certaines orientations sont nettement moins présentes en bord de mer. Il s’agit :

  • Des grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux, cultures générales) proportionnellement deux fois moins nombreuses en bord de mer que la moyenne ; l’otex « céréales et oléoprotéagineux » est 4 fois moins importante ;
  • De l’élevage bovin, en particulier de l’élevage bovin viande 3 fois moins important dans les communes littorales que la moyenne ;
  • De l’élevage d’ovins et de caprins ;
  • De l’élevage de volailles caractérisant deux fois moins de communes en bord de mer que la moyenne.

A l’inverse, certains otex sont surreprésentés en bord de mer par rapport à la moyenne hexagonale. Il s’agit du maraichage (4,5 fois plus), de la floriculture (4,5), de l’élevage porcin (3).

Enfin, on constate que les communes littorales se démarquent aussi de leur arrière-pays. Le maraichage y est deux fois plus important, la floriculture 9 fois, l’arboriculture 2 fois. A l’inverse, l’élevage bovin et les grandes cultures y sont nettement moins importants.

Globalement, l’orientation agricole des communes littorales suit l’orientation générale des territoires dans lesquels elles s’inscrivent. C’est le cas en Seine-Maritime, en Picardie, dans le Calvados, dans l’est Cotentin ou dans le Languedoc. 

Dans d’autres cas, l’agriculture littorale peut être spécifique et en rupture avec les orientations agricoles de l’arrière-pays. Ceci est du aux particularités édaphiques et climatiques en bord de mer – plus d’alluvions, moins de températures gélives – plus propices à la floriculture ou au maraichage. C’est le cas sur le littoral de Provence, où de nombreuses communes sont tournées vers la floriculture, des plaines côtières de Corse (viticulture et cultures fruitières), des côtes bretonnes où la polyculture – polyélevage domine alors que l’arrière-pays est orienté nettement vers l’élevage ou encore de la côte des Havres dans le Cotentin.

Cartographie dynamique, Répartition des otex par commune en métropole

Une nette évolution des Otex communaux entre 2000 et 2010

Parmi les 885 communes littorales métropolitaines, 591 ont gardé leur orientation agricole générale entre 2000 et 2010. Un tiers des communes a donc changé d’orientation agricole en dix ans.
Parmi les 15 Otex étudiés, 10 regroupent plus de communes en 2010 qu’en 2000, un ne change pas (« fruits et autres cultures permanentes ») et 4 comptent moins de communes littorales en 2010 qu’en 2000. Il s’agit d’otex généralistes comme « bovins mixte », « granivores mixte » ou surtout « polyculture – polyélevage ». On constate donc une spécialisation assez nette des types d’agriculture sur le littoral.
Les communes ayant changé d’otex durant la dernière période intercensitaire sont réparties sur tous les littoraux. Les secteurs déjà nettement spécialisés en 2000 comme la Seine-Maritime, la Bretagne Nord, le Languedoc ou la Provence semblent moins touchés. Les principaux littoraux concernés sont situés dans l’ouest Cotentin, dans le Nord, sur le littoral Sud de la Bretagne ou en Corse.

Cartographie dynamique, Répartition des otex par commune en métropole

Relations entre otex et population

La répartition des otex varie suivant la population des communes littorales. Les petites communes rurales montrent une surreprésentation de l’élevage bovin et une sous-représentation des cultures florales, légumières et fruitières. Pour les communes nettement plus peuplées, c’est le contraire. Les différentes formes d’élevages, hors-sol ou non, sont peu importantes alors que les orientations à forte valeur ajoutée et concernant des exploitations à petite SAU sont très importantes dans des contextes fonciers tendus.