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Référentiel géographique du littoral : Litto3D

Risques et changement climatique, Les risques, Le changement climatique, Etat du milieu marin et littoral, Etat biologique, Etat physique et chimique

Rédacteur : Catherine le Roux et Yves Pastol, Shom

Recommandation européenne et réponse française

Les catastrophes de l’Erika (décembre 1999) et du Prestige (novembre 2002) ont mis en évidence la méconnaissance de la zone littorale : par exemple, pour modéliser et anticiper précisément les dérives des polluants car le relief de la côte et les courants étaient peu ou mal connus. Le 30 mai 2002, le Parlement européen a émis une recommandation destinée aux Etats membres pour qu’ils procèdent à l’inventaire de leurs côtes et pour mettre en œuvre une gestion intégrée du littoral. Le 29 avril 2003, le Comité Interministériel de la Mer a relayé cette recommandation à l’échelon français, et a prescrit au SHOM (service hydrographique et océanographique de la marine) et à l’IGN (institut géographique national) de "s'associer afin d'étudier la manière de produire le référentiel géographique du littoral (RGL)". 

Cette décision a ensuite été confirmée par le premier ministre au Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIADT) de septembre 2004. Les deux organismes se sont donc rapprochés afin de modéliser le cœur géographique du futur RGL, dans le cadre d'un projet commun baptisé Litto3D®.

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De nombreux besoins sur le littoral

La gestion intégrée du littoral est un enjeu important pour la satisfaction de nombreux besoins : délimitation maritime, protection du littoral (modification de la côte due à l’érosion, protection de la faune et de la flore...), prévention des risques (inondations, pollution, sauvetage en mer, catastrophes naturelles…), développement économique (ports, tourisme et industrie), exploitation des ressources énergétique, études et recherches scientifiques, besoins militaires (opérations de débarquement ou d’évacuation, surveillance côtière…). Près d’une centaine d’applications différentes ont été recensées.

Une nouvelle cartographie spécifique est aussi rendue nécessaire par la densité de la population, deux fois et demie supérieure sur le littoral à celle de l’intérieur des terres, qui impose de disposer d’une très bonne description de la côte : dense et homogène, précise, réalisable rapidement au meilleur coût, aisément accessible et largement partagée… une référence officielle et commune à tous en quelque sorte.

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Les insuffisances actuelles

Les cartes marines et les documents nautiques ne sont pas complètement adaptés aux besoins évoqués précédemment car ils sont conçus principalement pour assurer la sécurité des navigateurs. L’information détaillée est concentrée sur les voies de navigation et dans les ports. De plus, pour des raisons de lisibilité, l’information représentée sur les cartes est beaucoup moins dense que celle provenant des levés hydrographiques, et archivée dans les bases de données du SHOM. Pour obtenir la meilleure description de l’environnement, pour la modélisation des phénomènes côtiers par exemple (courants, marées,…), il est plus simple et plus rapide d’utiliser les bases de données du SHOM que de numériser les cartes marines.

Figure 1 : sondes de la carte marine (noires) et sondes issues des minutes de bathymétrie originale (rouges et jaunes).
Figure 1 : sondes de la carte marine (noires) et sondes issues des minutes de bathymétrie originale (rouges et jaunes).

Sur la partie terrestre, les informations altimétriques de l’IGN proviennent d'une part de la numérisation des courbes de niveau des cartes à 1:25000 et d'autre part de restitutions photogrammétriques. La qualité de ces données, notamment au niveau de la précision géométrique, reste insuffisante pour toutes les applications et pour une description précise de la côte cohérente avec la bathymétrie.

Figure 2 : modèle altimétrique (maille = 2m, ?Z : 15cm) et IGN BDAlti ® (maille = 50m, ?Z = 2m)
Figure 2 : modèle altimétrique (maille = 2m, ?Z : 15cm) et IGN BDAlti ® (maille = 50m, ?Z = 2m)

Enfin, la zone intermédiaire représentée par l’estran est également très mal décrite. A cet endroit particulier, il est très difficile de naviguer (très petits fonds, récifs et brisants) ou d’interpréter correctement le relief sur les photographies aériennes (zones de faible gradient et faiblement texturées). C’est la raison pour laquelle, en de nombreux endroits, il n’y a pas de continuité cartographique entre la terre et la mer.

Figure 3 : combinaison de données de l’IGN (couleur verte) et de données du SHOM (sondages multifaisceaux en bleu et sondages ponctuels plus anciens en jaune). La coupe (trait rouge) montre en noir la zone non cartographiée (50 m environ de part et d’autr
Figure 3 : combinaison de données de l’IGN (couleur verte) et de données du SHOM (sondages multifaisceaux en bleu et sondages ponctuels plus anciens en jaune). La coupe (trait rouge) montre en noir la zone non cartographiée (50 m environ de part et d’autre du chenal)