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Impact global des apports en nutriments et en matière organique : eutrophisation du milieu marin

A retenir

L’eutrophisation est un phénomène qui touche la majorité du littoral métropolitain. En Manche – mer du Nord, à l’exception de l’ouest du Cotentin et des côtes du pays de Caux, en Haute-Normandie, la plupart des zones côtières présentent des problèmes liés à l’eutrophisation. Les côtes de Manche orientale sont préservées des efflorescences de macroalgues, du fait d’une turbidité élevée qui limite leur développement, mais d’autres effets de l’eutrophisation s’y manifestent : excès de phytoplancton, déséquilibres dans les peuplements en invertébrés benthiques, et parfois des phénomènes d’hypoxie en baie de Seine. Le nord de la Bretagne subit des efflorescences de macroalgues (ulves), ou « marées vertes », en quantité nuisible, alors qu’en Bretagne sud, des abondances excessives de phytoplancton sont parfois observées.

En Mers celtiques, l’eutrophisation ne constitue pas un problème majeur.

Dans le golfe de Gascogne, les secteurs les plus sensibles semblent être la plupart des zones côtières de Bretagne sud et de Loire-Atlantique, jusqu’à l’île de Noirmoutier. Les littoraux sous l’influence des panaches des grands fleuves (Loire, Vilaine, Gironde, Adour) sont particulièrement à surveiller. La baie de Vilaine est sensible à l’hypoxie et fait l’objet d’un suivi particulier.

En Méditerranée occidentale, il n’y a pas d’évaluation intégrée et normalisée de l’eutrophisation, comme c’est le cas en Atlantique Nord-Est avec la procédure commune de la convention Ospar. Ceci peut s’expliquer par le fait que la Méditerranée, mer globalement oligotrophe (pauvre en éléments nutritifs), ne souffre pas vraiment d’eutrophisation. L’évaluation de l’état écologique des masses d’eau pour la directive cadre sur l’eau (DCE) donne cependant une vision assez complète du sujet. La zone côtière du Languedoc-Roussillon, exposée au panache du Rhône et au débouché de nombreuses lagunes, est relativement plus affectée que le reste des côtes de cette façade.