Tableau récapitulatif du sentier du littoral en métropole


Récapitulatif du sentier du littoral en métropole
Sources : (1) Servitude de passage des piétons le long du littoral (2) Terrains du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres Sentier du littoral-Medde, 2012. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Analyse globale du sentier


En 2012, près de 4 600 km de sentier du littoral sont ouverts sur les côtes métropolitaines avec différents statuts juridiques. La moitié, 2 286 km, est ouverte sur des terrains publics, hors Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, comme le domaine public maritime, un peu plus d’un tiers (35,5 %) sur des terrains privés au titre de la servitude de passage des piétons le long du littoral, 8,2 % sur des terrains acquis par le Conservatoire et 6,5 % sur des tronçons assurant la continuité. Ces tronçons sont situés à l’intérieur des terres lorsque le littoral est inaccessible (port, installation militaire, zone fragile…). Près de 1 400 km de sentiers seront ouverts à court terme ou sont à l’étude. Cela fera un total de 6 000 km de sentiers accessibles à moyen terme. Par ailleurs, 451 km de tronçons sont déclarés comme inaccessibles.

Figure 1 : les différents types de tronçons du sentier du littoral en métropole
Sources : Sentier du littoral-Medde, 2012. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Le sentier du littoral ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude passe de manière significative dans plus des trois quarts des communes littorales maritimes au sens de la loi « Littoral », soit 688 communes sur les 885 communes concernées1. Ces 688 communes regroupent 85 % du linéaire côtier métropolitain.

Analyse détaillée du sentier


L’ouverture du sentier du littoral par les services déconcentrés de l’Etat dépend de nombreux paramètres :
  • La structure du foncier en bord de mer : propriétaires privés/publics, taille des parcelles ;
  • Le relief ;
  • Les risques d’éboulement des falaises ou des côtes rocheuses basses à moyennes ;
  • La présence de grandes zones humides ;
  • La présence d’importantes zones bâties, dont celles inaccessibles.

La répartition du sentier est hétérogène sur les côtes métropolitaines. Avec son linéaire côtier important et découpé, la Bretagne concentre à elle seule 2 760 km de sentiers du littoral ouverts, ouverts à court terme ou à l’étude en 2012. Les régions Basse-Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur disposent de plus de 500 km de sentier, respectivement 610 et 530 km. Malgré son linéaire côtier important, la Corse ne dispose que de 160 km de sentiers. Ainsi, la façade Manche Est – mer du Nord représente un peu plus de 1 000 km de sentier du littoral, la façade Nord Atlantique - Manche Ouest près de 3 150, le littoral Sud Atlantique 660 et le pourtour méditerranéen environ 1 150.

La part du sentier ouvert à court terme ou à l’étude est très forte en Picardie (52 %), en Bretagne (34 %), en Corse (37 %) et en Basse-Normandie (20 %). Elle est nettement plus faible dans les autres régions, où elle ne dépasse pas 10 %.

Figure 2 : répartition du sentier ouvert,ouvert à court terme ou à l’étude par façade
Sources : Sentier du littoral-Medde, 2012. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Dans le détail, le sentier ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude est très important sur les littoraux du Finistère (1 219 km), du Morbihan (867 km), des Côtes-d’Armor (534 km), de la Manche (512 km), de Charente-Maritime (360 km), des Bouches-du-Rhône (279 km) et de Vendée (235 km). Suivant les types de côte, la nature juridique des terrains empruntés par le sentier diffère. Les terrains publics hors Conservatoire, dont le domaine public maritime, sont importants sur les côtes basses, où les plages permettent le libre passage des piétons. C’est le cas dans l’Hérault, l’Aude, la Gironde et en Centre Atlantique (Charente-Maritime et Vendée).

Les servitudes sont plus importantes pour les côtes plus hautes, où le sentier emprunte des terrains privés. C’est le cas dans le Var, en Bretagne ou dans la Manche. Les terrains du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres représentent un part importante du sentier en Haute-Corse et dans le Pas-de-Calais.

A eux seuls, les départements du Finistère et du Morbihan regroupent près des deux tiers des tronçons ouverts à court terme ou à l’étude.

Figure 3 : détail du sentier ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude par département
Sources : SPPL : servitude de passage des piétons le long du littoral CDL : conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres Autres public : autres terrains publics Ouvert court terme : terrains ouvert à court terme ou à l'étude Sentier du littoral-Medde, 2012. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
La part des communes littorales traversées par le sentier du littoral de manière significative est très variable suivant les départements. Elle est très forte, supérieure à 90 %, du Nord à la Loire-Atlantique excepté en Seine-Maritime (48 %) et, de manière moindre, dans le Calvados (73 %). En Seine-Maritime, cela s’explique par les risques d’éboulement très importants de la côte d’Albâtre rendant dangereux le passage du sentier, et par la présence de l’importante zone industrialo-portuaire du Havre, sur l’estuaire de la Seine. Trois quart des communes ou un peu plus sont concernées de la Vendée aux Landes. En Vendée et en Charente-Maritime, les zones de marais sont peu empruntées par le sentier du fait de la difficulté de le faire cheminer entre des surfaces en eau, des zones de production conchylicole et des prairies humides. Dans les Landes, le camp militaire entre Biscarosse et Mimizan interrompt la continuité du cheminement. En Méditerranée, la part des communes traversées est variable. Peu de communes arrière-lagunaires sont concernées dans l’Aude, l’Hérault et le Gard. Par contre, 100 % des communes littorales des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes sont concernées. Enfin, la part des communes est faible en Corse, surtout en Corse-du-Sud (9 %), du fait du relief très accidenté de la plupart des côtes de l’île ne permettant pas de faire cheminer un sentier.

Caractérisation du sentier du littoral


L'occupation du sol aux abords du sentier du littoral

Les territoires traversés par le sentier ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude (pour l’étude, le choix a été fait de retenir une bande de 125 m de part et d’autre du sentier) sont spécifiques en comparaison à l’occupation moyenne du sol des 688 communes littorales concernées. Les terres agricoles sont nettement moins présentes alors que les territoires artificialisés mais surtout les surfaces en eau et les zones humides sont nettement plus importants.

Figure 4 : occupation du sol comparée des abords du sentier et des communes traversées
Sources : Sentier du littoral-Medde, 2012 – UE-SOeS, CORINE Land Cover, 2006. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Dans le détail, les dunes et plages, les marais salants et maritimes, les zones de balancement des marées (zone intertidale), les lagunes, les estuaires et mer, appelés ici « milieux marins », représentent près de 40 % des territoires rencontrés. Les autres milieux naturels ouverts, dont les prairies, les zones humides et les surfaces en eau continentale en couvrent 17 %.

Figure 5 : occupation du sol détaillée des abords du sentier par façade maritime
Sources : Artif : territoires artificialisés Agri. : terres agricoles, hors prairies Eau/ZH int. : eau et zones humides intérieures Marais m : eaux et zones humides maritimes, dont les estrans Sentier du littoral-Medde, 2012 – UE-SOeS, CORINE Land Cover, 2006. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Les territoires artificialisés sont aussi importants : un cinquième des abords du sentier (21 %). Par contre, les terres agricoles, hors prairies, sont peu nombreuses, seulement 18 %, de même que les forêts (5 %). Malgré un niveau d’artificialisation élevé, le sentier permet donc d’accéder à d’importants milieux naturels, entre terre et mer.

Suivant les façades, l’occupation du sol aux abords du sentier varie. L’artificialisation est importante dans le Nord, l’Ille-et- Vilaine, la Loire-Atlantique, les Pyrénées-Atlantiques et l’essentiel des façades départementales continentales de Méditerranée. Les terres agricoles sont nombreuses sur les littoraux septentrionaux, de la Manche au Morbihan, alors que les plages et les dunes sont importantes dans les Landes et dans l’Hérault, et les milieux ouverts, hors dunes, en Corse et dans les Bouches-du-Rhône. Les milieux marins représentent toujours plus du tiers de l’occupation du sol, entre 37 % en Manche Est – mer du Nord et 44 % en Méditerranée.

Les côtes rencontrées par le sentier du littoral

Le tracé du sentier a été croisé avec les données d’altitude de l’IGN (BD Alti®) et sa distance minimale à la côte a été calculée, pour les 741 communes traversées, même ponctuellement.

Dans quatre communes traversées sur dix, le sentier, ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude, chemine sur les rivages, avec des altitudes n’excédant pas 10 – 15 m. Il s’agit de plages et de hauts de plages, de platiers rocheux ou de digues. Ce type de tracé est important de la mer du Nord à l’Atlantique. Il regroupe plus d’une commune sur deux dans le Nord, la Somme, du Calvados à la Manche, dans le Morbihan, de la Loire-Atlantique à la Charente-Maritime, et de l’Aude aux Bouches-du-Rhône.

Dans un peu plus d’une commune sur cinq, le sentier chemine entre rivages et côtes basses à moyennes de moins de 30 m d’altitude. Cela concerne des dunes, des côtes rocheuses, voire des centres villes. Ces tracés sont souvent rencontrés dans le Pas-de-Calais, en Bretagne, dans les Landes, en Corse-du-Sud et dans les Alpes-Maritimes.

Pour un quart des communes, le sentier chemine entre rivages et falaises (altitude supérieure à 30 m). Cela concerne surtout le Pas-de-Calais, la Seine-Maritime, l’Ille-et-Vilaine, les Côtes-d’Armor, le Finistère, les Pyrénées-Atlantiques, le Roussillon, la région Paca et la Corse. Le sentier n’empreinte parfois que des secteurs de falaises en Seine-Maritime, dans le Calvados et dans le Var, plus rarement.

Le sentier peut aussi traverser des environnements particuliers, parfois éloignés du rivage, comme des espaces arrièredunaires, en Aquitaine et dans le Nord, des bords de cours d’eau, dans le Morbihan, ou des rivages lagunaires, en Méditerranée occidentale ; les territoires de marais traversés par le sentier étant peu nombreux.

Figure 6 : côtes rencontrées par le sentier
Sources : Ar.-dunaire : milieux arrière-dunaires Riv./mar : cours d'eau et marais Sentier du littoral-Medde, 2012 – IGN BD Alti®. Traitements : Cerema, SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Pour en savoir plus : carte du sentier du littoral


Carte 1 : tracé du sentier ouvert, ouvert à court terme ou à l’étude en métropole