Tableau récapitulatif


Tableau 1 : soldes naturels et migratoires entre 1999 et 2009 en France métropolitaine
Sources : Insee, RP 1999 et 2009. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Analyse générale


La population des communes littorales métropolitaines a augmenté de 340 000 personnes de 1999 à 2009, soit une hausse de près de 6 %. Cette progression est due aux trois quarts (76 %) aux soldes migratoires. Ils ont représenté 255 500 personnes sur cette période, soit trois fois plus que les soldes naturels, 82 300 personnes. Cet attrait pour le littoral est qualifié d’haliotropisme.

La situation est la même dans l’arrière-pays. De 1999 à 2009, la population a cru de près de 15 % surtout du fait de soldes migratoires très excédentaires. Ils regroupent les quatres cinquièmes des nouveaux habitants sur cette période, avec 144 300 personnes.

Cette caractéristique du littoral et de son arrière-pays est en rupture avec le reste du territoire métropolitain, où la croissance démographique est surtout due aux soldes naturels.

Figure 1 : soldes naturels en France métropolitaine depuis 1962
Sources : Insee, RP. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).

Figure 1 : soldes migratoires en France métropolitaine depuis 1962
Sur un pas de temps plus long, les soldes migratoires expliquent l’essentiel de la progression démographique des communes littorales de 1962 à 1975 puis depuis 1990. Les taux annuels moyens augmentent régulièrement sur les trois der-nières périodes de recensement. A l’inverse, les soldes naturels relatifs diminuent progressivement depuis 1962, du fait du vieillissement de la population littorale (voir fiche sur l’âge des habitants).

Dans l’arrière-pays, les soldes migratoires expliquent l’essentiel de la progression de la population depuis 1968. Les soldes naturels relatifs sont supérieurs à ceux enregistrés dans les communes littorales depuis 1982, comme les soldes migratoires relatifs. Ceci indique un fort dynamisme de la démographie dans l’arrière-pays.

Analyse par façade


Les soldes naturels et migratoires diffèrent suivant les façades maritimes.

La façade Manche Est - mer du Nord se démarque des trois autres. Sa population a diminué d’un peu plus de 2 %, soit 21 000 habitants de moins, de 1999 à 2009. Le solde migratoire est négatif : -54 000 habitants. Il n’est pas compensé par le solde naturel, bien que son taux annuel moyen soit le plus élevé des quatres façades, en étant proche du taux moyen métropolitain.

Figure 2 : soldes naturels et migratoires entre 1999 et 2009 en métropole
Sources : Insee, RP 1999 et 2009. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Les trois autres façades maritimes ont des soldes migratoires positifs qui expliquent l’essentiel de la croissance de leur po-pulation. Le taux annuel moyen du solde migratoire est particulièrement élevé en Sud Atlantique, près de 1,2 %, soit trois fois plus que la moyenne des communes littorales.

En tenant compte du nombre de personnes concernées, la façade méditerranéenne se détache des deux autres avec un solde migratoire de 164 000 nouveaux habitants contre 84 000 sur la façade Nord Atlantique - Manche Ouest et 62 000 en Sud Atlantique.

Les soldes naturels sont, par contre, négatifs en Sud Atlantique et en Nord Atlantique - Manche Ouest. Les décès y sont plus nombreux que les naissances.

Alors qu’une part importante des communes littorales sont des pôles urbains, on constate que les taux annuels moyens des soldes naturels et migratoires y sont très différents de la moyenne pour l’ensemble des pôles urbains de métropole, excepté pour la façade Manche Est - mer du Nord. Les valeurs prises pour ces deux indicateurs en Sud Atlantique et en Nord Altantique - Manche Ouest sont plus proches de la moyenne de l’espace rural : des soldes migratoires excédentaires et des soldes naturels légèrement négatifs.

Analyse dans le détail


Depuis 1962, les soldes naturels relatifs diminuent sur toutes les façades littorales départementales, excepté sur la très courte façade du département de l’Eure, sur l’estuaire de la Seine. Cette diminution est forte en mer du Nord, Manche et Atlantique. Elle est plus modérée en Méditerranée.

De 1999 à 2009, le solde naturel est négatif sur les littoraux de la Somme et de l’ïlle-et-Vilaine aux Pyrénées-Atlantiques (excepté dans le Morbihan et la Loire-Alantique). La diminution est marquée en Somme et en Vendée. A l’inverse, les soldes naturels sont légèrement positifs dans le Nord - Pas-de-Calais et sur l’essentiel du littoral méditerranéen, en dehors des Pyrénées-Orientales.

Figure 3 : évolution des soldes naturels et migratoires des communes littorales par façade, depuis 1962
Sources : Insee, RP. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
Depuis 1962, les soldes migratoires relatifs se tassent en Méditerranée, tout en restant positifs. Cette diminution est importante dans le Var et les Alpes-Maritimes. A l’inverse, les soldes migratoires relatifs sont de plus en plus importants de la Bretagne à l’Aquitaine, excepté dans les Pyrénées-Atlantiques.

Certains littoraux industriels et portuaires (Côtes-d’Armor, Finistère, Loire-Atlantique, Bouches-du-Rhône) ont eu ponctuellement des soldes migratoires négatifs (désindustrialisation). Cela semble s’améliorer.

Enfin, le déficit des soldes migratoires s’accélère du Nord au littoral de la Manche, en dehors de la Somme et du Calvados.

Sur la période récente, de 1999 à 2009, on note une nette opposition entre les littoraux les plus septentrionaux et ceux plus au sud. Les premiers ont généralement des soldes migratoires négatifs et les seconds ont tous des soldes positifs.

Pour en savoir plus : le détail des soldes naturels et migratoires


Les soldes migratoires sont négatifs dans de nombreuses communes littorales, de la frontière belge à l’estuaire de Seine et dans plusieurs communes industrialo-portuaires comme Cherbour-Octeville, Brest, Lorient ou les communes bordant l’étang de Berre. Ils sont positifs partout ailleurs sur le littoral.

Carte 1 : soldes migratoires de 1999 à 2009
Sources : Insee, RP 1999 et 2009. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).
De l’ouest Cotentin aux Côtes-d’Armor, les assez hauts niveaux des soldes migratoires des communes littorales sont en rupture avec ceux de l’arrière-pays, où ils sont très faibles. Du Sud de la Bretagne au littoral de Charente-Maritime et sur le pourtour méditerranéen continental, les gains de nouveaux de la Mer et du Littoral habitants concernent les communes de bord de mer mais aussi les communes de l’hinterland, assez loin dans les terres. Le prix du foncier littoral (voir fiche sur le foncier) oblige une part importante des nouveaux habitants à s’installer en retrait des communes littorales, où le foncier est plus accessible.

Les soldes naturels sont très généralement positifs et importants dans les grandes villes littorales (Le Havre, Cherbourg-Octeville, Brest, Lorient, Vannes...), excepté sur la Côte-d’Azur et dans les Pyrénées-Atlantiques.

Du golfe anglo-normand au pays basque, il est négatif dans l’essentiel des communes de bord de mer, en rupture avec l’arrière-pays où il est souvent positif. Des Pyrénées-Orientales au Var, alternent des communes aux soldes naturels positifs ou négatifs. Ils sont nettement positifs du pourtour de l’étang de Berre à Marseille.

Carte 2 : soldes naturels de 1999 à 2009
Sources : Insee, RP 1999 et 2009. Traitements : SOeS (Observatoire national de la mer et du littoral).