Tableau récapitulatif


Tableau 1 : répartition des habitats côtiers élémentaires d’intérêt communautaire par façade
Sources : Source : Cahier d’habitats côtiers 2004 - Observatoire du littoral. * Pour les 8 grands types d’habitats, « Part de la façade » représente le pourcentage des habitats élémentaires présents sur la façade littorale départementale par rapport à l’ensemble des habitats présents sur la façade maritime correspondante.

Analyse générale


La répartition des habitats côtiers élémentaires d’intérêt communautaire n’est pas homogène sur les côtes françaises. Elle varie en fonction de la diversité des côtes (géomorphologie), du climat et des fonds sous-marins mais aussi du niveau d’artificialisation des rivages.

C’est la façade Atlantique qui propose la plus grande diversité d’habitats : 61 habitats côtiers sur les 105 recensés sur nos côtes y sont présents contre 53 sur la façade Manche – mer du Nord et 42 sur le pourtour méditerranéen.

Dans le détail, les habitats côtiers élémentaires sont les plus abondants sur les côtes du Pas-de-Calais, du littoral du département de la Manche à celui de la Vendée, dans les Bouches du Rhône, le Var et en Corse, la diversité maximale étant recensée sur le littoral de la Manche avec 50 habitats élémentaires différents.

On note une assez nette opposition sur :
- la façade atlantique où la diversité des habitats élémentaires est plus importante au nord de l’estuaire de la Gironde qu’au sud ;
- la façade méditerranéenne où la diversité en habitats est moins grande à l’ouest qu’à l’est, la limite entre les deux secteurs étant la Camargue.

Les départements où alternent côtes basses rocheuses, dunes, falaises, estuaires, vasières et marais ont évidemment la plus grande diversité d’habitats élémentaires : Manche, Pas-de-Calais, Finistère… Les départements ayant des littoraux plus homogènes comme la Seine-Maritime, les Landes ou l’Hérault ont une moins grande diversité d’habitats.

Figure 1 : nombre d’habitats côtiers élémentaires d’intérêt communautaire présents par façade
Sources : Source : Cahier d’habitats côtiers 2004 - Observatoire du littoral.
Si l’on ne prend en compte que le niveau de présence des 8 grands types d’habitats, ce sont les façades littorales départementales méditerranéennes qui apparaissent les plus riches. On y retrouve généralement 7 grands types d’habitats voire les 8 sur le littoral du Var ; la moyenne sur les façades Manche – mer du Nord et Atlantique étant de 5.

Figure 2 : nombre de grands types d’habitats présents par façade
Sources : Source : Cahier d’habitats côtiers 2004 - Observatoire du littoral.
Ce constat oppose les façades Manche – mer du Nord / Atlantique et Méditerranée. Point chaud de la biodiversité, le pourtour méditerranéen montre de nombreuses spécificités avec des grands types d’habitats qui ne sont présents que là aux cotés de types d’habitats dont la répartition géographique est plus vaste : dunes des rivages méditerranéens, steppes. A l’inverse, sur les façades Manche – mer du Nord et Atlantique, les grands types d’habitats sont moins nombreux mais les habitats élémentaires plus diversifiés du fait d’un linéaire côtier très important et diversifié.

Détail par grands types d’habitats côtiers


Les habitats élémentaires du type «eaux marines et milieux à marée » sont souvent les plus importants numériquement sur les différentes façades littorales départementales. Excepté au sud de la façade Atlantique, ils représentent toujours plus du tiers des habitats dénombrés. Du Pas-de-Calais à la Vendée, en dehors de la Somme et de la très courte façade estuarienne de l’Eure, 16 à 20 habitats élémentaires «eaux marines et milieux à marée » sont recensés par département. Il en est de même en Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur le littoral corse.

Les marais et prés salés sont répartis de manière assez uniforme du Pas-de-Calais à la Gironde. A part sur le littoral allant de la Seine-Maritime au Calvados, on retrouve entre 7 et 12 habitats élémentaires sur toutes ces façades littorales départementales. Du Finistère à la Vendée, on recense les 12 habitats élémentaires présents sur la façade maritime Atlantique. Les habitats des marais et prés salés sont moins nombreux en domaine méditerranéen. Seulement 6 habitats élémentaires sont recensés. Leur répartition est assez homogène sur le trait de côte. Ils sont tout de même moins nombreux sur les littoraux rocheux et anthropisés des Alpes-Maritimes et des Pyrénées-Orientales.

Les habitats dunaires (dunes mobiles, à végétation herbacée ou boisée et dépressions humides) sont diversifiés et nombreux sur les littoraux du Nord – Pas-de-Calais, de la Manche, du Finistère, des Landes et de Corse. Ils sont absents du littoral à falaises de Seine-Maritime et peu présents sur les littoraux du Calvados, des Pyrénées-Atlantiques et des Alpes-Maritimes.

Les habitats des steppes intérieures halophiles et gypsophiles et des grottes marines ont une répartition limitée. Ils sont présents sur moins de 20 % des façades littorales départementales. Cela les distingue des 7 autres grands types d’habitats, tous présents sur au moins 75 % des façades départementales. Le seul habitat élémentaire de steppe salée observé en France est présent sur les littoraux de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et du Var. Les 4 habitats de grottes sont, quant à eux, présents dans 5 départements dont 4 méditerranéens : Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Bouches du Rhône, Var et Corse du Sud. Ces grottes peuvent être semi-submergées à totalement sous-marines.

Importance des habitats élémentaires sur les différentes façades littorale départementales


Au delà de la simple présence / absence d’un habitat élémentaire sur une façade littorale départementale, il est intéressant d’apprécier son niveau de présence, d’une répartition ponctuelle à l’ensemble du linéaire côtier départemental. Pour simplifier cette information, le niveau de présence des habitats sur chaque façade a été discrétisé visuellement en 4 classes à partir des cartes du cahier d’habitats. Cette information qualitative est présentée sur la figure 3.

Figure 3 : niveau de présence des habitats côtiers d’intérêt communautaire par façade
Sources : Source : Cahier d’habitats côtiers 2004 - Observatoire du littoral. Légende : Ponctuellement : moins de 10 % du linéaire Ci et la : 10 à 50 % du linéaire Sur une part importante du linéaire : 50 à 95 % du linéaire Sur tout le linéaire : de 95 à 100 % du linéaire.
En analysant conjointement les figures 3 et 4, on constate, qu’en général, plus les habitats sont diversifiés sur une façade littorale départementale, moins ils sont présents sur une part importante du linéaire côtier concerné.

C’est le cas pour les côtes des Bouches-du-Rhône, du Var, de la Corse, du Pas-de-Calais, de la Manche, du Finistère et de la Vendée. Les habitats élémentaires y sont nombreux mais concernent rarement des linéaires côtiers importants. Ceci s’explique par la grande diversité des écosystèmes côtiers et des paysages sur ces littoraux où les habitats sont présents uniquement sur des petites portions du trait de côte. Les départements de Loire-Atlantique, du Morbihan et des Côtes d’Armor ont aussi un nombre important d’habitats élémentaires mais la part de ces habitats côtiers présents sur un linéaire important est un peu plus forte. La différence entre le Finistère et ces départements limitrophes ou proches s’explique par le fait que les habitats élémentaires de prés salés et marais sont présents plus ponctuellement dans le Finistère.

La situation s’inverse pour les départements languedociens (Aude, Héraut, Gard). Les habitats élémentaires sont assez peu nombreux (16) mais sont présents sur de vases portions du linéaire côtier. Ce constat est sensiblement le même pour le Nord, la Somme, la Seine-Maritime, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Ces façades littorales sont donc assez homogènes.

Figure 4 : corrélation entre le nombre d’habitats côtiers élémentaires et leur niveau de présence par façade littorale départementale
Sources : Source : Cahier d’habitats côtiers 2004 - Observatoire du littoral. En ordonnée, figure la part des habitats élémentaires présents sur un linéaire important. Cela correspond aux classes 3 et 4 de la figure 3. C’est la part des habitats présents sur au moins 50 % du linéaire côtier départemental.