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Les Français et la mer : perceptions sur l’état du milieu marin et sur l’exploitation des ressources marines

Evaluation de l’état de santé de la mer


Pour seulement 1 Français sur 5 en moyenne, les mers et les océans du globe sont en bonne santé (Figure 1). Ce chiffre est en légère progression depuis 2008. Plus des ¾ des Français estiment donc que les océans et mers du globe sont en mauvaise santé, ce qui dénote un niveau de préoccupation très important.

Figure 1 : évaluation de l’état de santé de la mer par les Français de métropole depuis 2008
Sources : sondage IFOP en 2008, 2009 et 2010, sondage LH2 en 2012
En métropole, les disparités régionales sur cette perception de l’état du milieu marin sont faibles (Figure 2). Ce sont les Français attachés à la côte Manche-mer du Nord qui sont les plus préoccupés, 83% d’entre eux estiment en effet que les mers et océans du globe sont en mauvaise santé (Figure 2). La préoccupation des Français d’outre-mer sur l’état de santé du milieu marin est un peu moins élevée en moyenne : les plus préoccupés sont les habitants de Guyane : (78% d’entre eux l’estiment en mauvaise santé), les moins préoccupés étant ceux de Mayotte (67%).

Figure 2 : évaluation de l’état de santé de la mer par les Français de métropole et d’outre-mer
Sources : sondage IFOP en 2010 et sondage LH2 en 2012. MMN : manche-mer du Nord, ATL : Atlantique, MED : Méditerranée, NC : Nouvelle-Calédonie, PF : Polynésie française * attachement des Français à une côte en particulier (Manche-mer du Nord, Atlantique ou Méditerranée)

Evaluation des principales menaces pesant sur le milieu marin à l’échelle globale


La perception du public sur les principales menaces pesant sur le milieu marin fluctue d’une année sur l’autre sous l’influence des événements médiatiques. En effet, en 2008 le changement climatique apparaissait comme la principale menace, en 2009 il s’agissait des dégazages provenant des navires, en 2010 la pêche intensive occupait la première place et en 2012 ce sont les marées noires qui représentent la principale menace (Figure 3). En moyenne entre 2008 et 2012, les deux principaux dangers qui ressortent des enquêtes sont les dégazages provenant des navires et les marées noires. Il s’agit en effet des dangers liés aux activités maritimes les plus médiatisés. Avec 18% de citations parmi les menaces, l’urbanisation des côtes reste en retrait dans l’esprit des Français. Il apparait une tendance à la baisse de la préoccupation des Français vis-à-vis du réchauffement climatique : tandis qu’il constituait la menace principale pesant sur l’environnement marin pour les Français interrogés en 2008, il n’occupe maintenant que la 4ème position (Figure 3).

Figure 3 : évaluation des principales menaces pesant sur le milieu marin par les Français de métropole depuis 2008
Sources : sondage IFOP en 2008, 2009 et 2010, sondage LH2 en 2012
La figure 4 indique les différences de perception entre régions marines relevées par les enquêtes en outre-mer en 2010 et en métropole en 2012. En métropole et particulièrement chez les Français attachés à la Manche-mer du Nord, les rejets en provenance de la terre sont perçus comme une menace plus importante que sur les autres façades puisqu’elle occupe le deuxième rang des menaces alors qu’elle n’est qu’au 3ème rang sur les autres façades (Figure 4). D’autre part, sur la façade Méditerranéenne, les marées noires sont perçues comme la première menace pesant sur l’environnement marin. Sur cette même façade, l’urbanisation des côtes, quoique peu citée dans l’ensemble, semble plus préoccupante qu’ailleurs en métropole.

Tandis qu’en 2010 un effet de contexte (l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon de British Petrolem au large de la Floride) place la marée noire comme la principale menace pour la mer chez la plupart des Français, l’importance des autres menaces est perçue de façon très différente entre métropole et territoires ultramarins. En 2010, en métropole, la principale menace perçue est la pêche intensive (46%) alors que cet élément n’intervient qu’en troisième ou quatrième position dans les autres territoires. Pour les habitants d’outremer, le réchauffement climatique revêt une importance bien plus préoccupante que pour les habitants de métropole, notamment à Mayotte qui le classe au premier rang des menaces.

Figure 4 : évaluation des principales menaces pesant sur le milieu marin par les Français de métropole et d’outremer
Sources : sondage IFOP en 2008, 2009 et 2010, sondage LH2 en 2012. MMN : manche-mer du Nord, ATL : Atlantique, MED : Méditerranée, NC : Nouvelle-Calédonie, PF : Polynésie française * attachement des Français à une côte en particulier (Manche-mer du Nord, Atlantique ou Méditerranée)

Evaluation des zones marines présentant les problèmes environnementaux les plus importants


Au sein du domaine maritime Français, la Méditerranée est la zone sur laquelle les problèmes environnementaux sont perçus comme les plus importants pour les Français de métropole, d’après l’enquête de 2012 (Figure 5). Avec 50% de citations, elle devance la Manche-mer du Nord et l’Atlantique alors que l’outre-mer est vu comme un milieu en bonne santé avec 6% de citations (Figure 5).

Figure 5 : évaluation par les Français de métropole du domaine maritime présentant les problèmes environnementaux les plus importants, en 2012
Sources : sondage LH2 en 2012
Pour les Français d’outre-mer, la Méditerranée fait également figure de zone sous forte pression : 45 à 55% des Français d’outre-mer estiment que c’est l’endroit où les problèmes environnementaux sont les plus importants (Figure 6). Concernant leur propre territoire, certains Français comme les habitants de Mayotte ou des Antilles sont relativement pessimistes sur l’état de leur zone puisque plus de 40% d’entre eux estiment que les problèmes les plus importants concernent leur territoire. D’autres Français, comme les habitants de Guyane ou de Nouvelle Calédonie pensent que leur zone est soumise à une plus faible pression qu’ailleurs (Figure 6).

Figure 6 : évaluation par les Français de métropole et d’outre-mer du domaine maritime présentant les problèmes environnementaux les plus importants, en 2010
Sources : sondage IFOP en 2010

Jugement sur l’exploitation des ressources marines dans différents secteurs d’activités


En ce qui concerne l’exploitation des ressources marines, en moyenne entre 2006 et 2012, 38% des Français jugent que la France exploite trop ses ressources en ce qui concerne la pêche, 26% en ce qui concerne le tourisme et 14% en ce qui concerne le transport maritime. L’impression de « surexploitation » des ressources augmente de façon significative au fil des années pour tous les secteurs évoqués, sauf pour la pêche qui voit un infléchissement de cette opinion entre 2010 et 2012 (Figure 7). Une nette majorité de Français met cependant en avant le fait que la France n’exploite pas assez les ressources de son domaine maritime en ce qui concerne les biotechnologies et l’énergie. Cette impression de « sous-exploitation » des ressources dans ces domaines d’activités diminue légèrement au fil des années (Figure 7).

Figure 7 : jugement des Français de métropole sur l’exploitation des ressources du domaine maritime depuis 2006
Sources : sondage IFOP en 2006, 2009 et 2010, sondage LH2 en 2012
Tandis que la perception d’un manque de mise en valeur des énergies renouvelables et des biotechnologies est partagée par l’ensemble des Français (métropole et outre-mer), l’opinion sur l’exploitation des ressources pour les activités de pêche, de tourisme et de transport maritime présente de grandes disparités entre la métropole et l’outre-mer (Figure 8). Dans la majorité des collectivités d’outre mer, la population estime que l’exploitation des ressources halieutiques pour la pêche est insuffisante. En Nouvelle-Calédonie, l’opinion est plutôt que cette collectivité exploite convenablement ses ressources pour la pêche. Concernant l’activité touristique, tandis qu’en métropole, 47% des personnes interrogées en 2010 estiment que les ressources maritimes sont utilisées de manière convenable pour le tourisme, pour l’ensemble des habitants de l’outre-mer, leur collectivité n’exploite pas suffisamment la mer dans ce domaine. De la même façon, l’exploitation du domaine maritime en matière de transport apparait insuffisante à l’ensemble des Français, et plus particulièrement en outre-mer.

Figure 8 : jugement des Français de métropole et d’outre-mer sur l’exploitation des ressources du domaine maritime en 2010
Sources : sondage IFOP en 2010